Un voyage inattendu

Outre l’équipe formidable du Napatana Lodge ou je logeais à Alotau et les autres clients, j’ai fait la connaissance de Maleta, volontaire au bureau du tourisme d’Esala’a.
Lors du second jour du Kenu and Kundu Festival (j’y reviendrais ailleurs), je retrouve une connaissance, et en compagnie de mes trois drôles de dames, Ashley l’australienne, Anna l’anglaise et Birgitt l’allemande, nous commandons bières et nourriture pour le déjeuner après une partie de foot avec le fils de Maleta.
Sans avoir le temps de découvrir la couleur de mon curry, Maleta passant dans les environs, m’aperçoit, fonce vers moi, puis me demande si je veux faire un tour d’hélicoptère, et m’embarque aussitôt. Après un léger sprint, elle me pousse dans les bras du pilote, et accompagné de trois autres touristes, me voici en direction d’un vol au dessus du festival et de Milne Bay. Pensais-je.

Un peu moins d’une demi heure plus tard, après avoir volé au-dessus de la mer, nous voici atterrissant près d’un terrain de foot, des gens nous observent, le pilote nous prévient qu’il s’envole garer l’hélicoptère ailleurs et que l’on doit revenir à 17h00.
Dans la seconde qui suit son envol, des guerriers en costumes traditionnels débarquent avec lances et autres armes, dansant, chantant, percutant leurs kundus (djembés). Patricia, le gouverneur du village, ainsi que d’autres bénévoles nous accueille et l’on nous passe des colliers de fleurs autour du cou en nous expliquant que les danseurs nous invitent à les suivre.

Nous voici près de la plage, à l’Éco Village d’Esala’a situé à Esala’a au nord de l’le de Normanby, membre des Îles D’Entrecasteaux dans la province de Milne Bay, en Papouasie Nouvelle Guinée. Vérifiez une carte vaut le coup d’oeil !

Après plusieurs performances et danses de nos guerriers, on nous invite à entrer dans une pièce traditionnelle construite de matériaux issus de la forêt. Un buffet fruité nous attend, de la mangue à l’ananas, du melon à la banane en passant par boire dans une noix de coco à la paille, tout en discutant du projet touristique et de la vision de nos hôtes pour leur village. S’ensuive de nouvelles danses, avant que l’on ne nous présente la nouvelle Yam’s house de cet éco village. Les Yam’s sont des légumes cultivés dans les jardins,et sont entreposés dans un grenier collectif appelé Yam’s house. Tout le monde peut remplir le grenier, et les yams sont disponibles pour tout le monde. Si un villageois est en pénurie de nourriture, il peut venir à la Yam’s house et ainsi prendre de quoi subsister.

Patricia nous guide ensuite vers la plage où nous prenons place dans deux canoës de guerre, appelés kenu. S’ensuit une course entre les 10 guerriers composant chaque équipage, et notre victoire, forcément. J’étais assis sur un genre de paillasse située sur la gauche du canoë qui sert avant tout de flotteur afin de stabiliser le canoë.
Depuis ma position, j’en prends pleins les yeux en ayant une vue éloignée du village d’Esala’a et de ses alentours, la jungle, les vertes collines et montagnes l’entourant. Il flotte un air d’irréel, je me sens explorateur, et privilégié d’assister à tout cela, vivant un rêve d’enfant en rencontrant des populations locales sur des îles éloignées dont très peu ont entendu parler. J’admire les hommes à côté de moi, qui dans une synchronisation quasi parfaite donne de puissants coups de pagaies tandis que notre coloré canoë en bois fend les eaux.

Pas le temps de reprendre nos esprits que nos trois guides nous transfert cette fois-ci dans un bateau banane, équipé d’un moteur a l’arrière. Notre escorte se compose également de deux policiers et des deux opérateurs du bateau. Nous traversons rapidement le bras de mer et arrivons a Deidei, sur l’Île Ferguson, où nous sommes une nouvelle fois accueilli en grande pompe par les locaux, nous offrant fruits, rafraichissements, et une multitude de sourires. Nous sommes juste question timing, Patricia met la pression sur nos nouveaux guides qui nous conduisent à la découverte des sources chaudes, un paysage digne d’une histoire fantastique : une terre qui semble désolée au milieu de la jungle, des roches et minéraux recouvrent le terrain. Des trous béants dans le sol d’où sorte des geysers d’eau brûlante, des piscines naturelles avec une eau teintée de nuances de bleu glacial. De la fumée s’échappe du sol bouillant, de la surface de l’eau, des cavités du sous sol, tandis que notre guide, s’exprimant dans sa langue natale prononce une phrase pour faire jaillir encore plus haut une des sources. Il nous raconte des histoires, des personnes qui ont disparu en se jetant dans l’eau brûlante, des mères qui utilisent la chaleur de l’eau pour laver leurs linges, cuisiner les yams, se recouvrir de boue chaude qui boue dans certains endroits, puis se rincer au milieu d’un rue, à un endroit bien précis où la chaleur de l’eau est agréable et supportable alors qu’en amont en aval, elle est mortelle.

Le soleil se couchant, nous devons nous dépêcher de retourner à la plage pour rentrer vers Esala’a et retrouver notre pilote qui fait le poireau et consulte sa montre. Nous passons près de l’hôpital que l’on nous présente brièvement lors de notre fuite, le programme est encore long, encore pleins de personnes nous ont préparé un cadeau de bienvenue, mais nous devons partir. Nous prenons notre envol après de sincères et chaleureuses accolades et remerciements, je les préviens que je reviendrai bientôt, puis nous nous envolons alors que des gros nuages gris et une pluie fine apparaissent.

Une demi heure plus tard, nous sommes de retour à Alotau, à l’hôtel Masarina où mes trois compères aventuriers résident. Nous passons un moment ensemble, usant de superlatifs plus forts les uns que les autres pour qualifier ce qu’il vient de nous arriver, puis après avoir trinqué avec une nouvelle série d’accolades, on me dépose à Napatana Lodge vers 19h00.

Je retrouve mes drôles de dames qui étaient presque inquiètes, et deviennent rapidement irritées du sourire niais et béant marbré sur mon visage lorsqu’avec de grands gestes je raconte mon incroyable après-midi, une fois, deux fois, trois fois …
Pensant me voir revenir une vingtaine de minutes plus tard, elles ont gentiment sauvé mon curry. Ouf ! Les aventures, ça creuse !

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6 réflexions sur “Un voyage inattendu

  1. Bravo Laurent pour toutes ces photos et récits, cela redonne l’envie de voyager , tout ceci sent le vécu et la spontanéité…un vrai régal en cette fin d’automne pluvieuse et grise de la métropole…
    Bien amicalement

    J'aime

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