Mount Wilhelm

Après trois semaines de rêve, dans un rêve encore plus grand qui dure depuis plus de deux ans à découvrir le monde en étant nomade et insouciant, j’ai quitté Alotau dans la Province de Milne Bay.

En partie parce que la Papouasie Nouvelle Guinée est un pays en développement, mais aussi à cause de son relief , le réseau routier est très mal développé et est un véritable challenge. Ainsi, Alotau à l’Est, est isolée et n’est reliée à aucune autre ville « majeure », excepté le luxueux complexe touristique situé à Tawali, à quelques deux heures sur piste rocailleuse.

Le dimanche matin avec une gueule de bois après les terribles évènements de Paris appris le samedi au soir, je me rends à l’aéroport en compagnie  de Gemma. D’origine anglaise, Gemma était dans l’hélicoptère avec moi lors de notre incroyable après-midi à Esala’a et elle m’a aussi grandement réconforté la veille en attendant les nouvelles des proches.
Nous nous séparons à Port Moresby, direction Cairns pour elle, et direction Mount Hagen pour ma part, où David Beckham se trouvait our un match caritatif une semaine avant. Les boules.

Lundi matin, j’attrape un de mes favoris PMV pour me rendre à Kundiawa où je ne m’attarde pas, traverse le marché fourmillant de fruits et légumes ainsi que de pickpockets, pour sauter dans le Landcruiser de John qui emmènera les dix personnes que nous sommes dans son village, à Kegsugl.

Le lendemain matin en compagnie d’un autre John et de Gorja, mon guide, nous atteignons rapidement Pindaunde Lakes Base Camp pour passer l’après-midi et nuit.
Je fais connaissance avec un groupe fabuleux de jeunes étudiants et d’enseignants en voyage scolaire, venus ici avec le même objectif que moi : terrasser le toit du Pacifique, Mont Wilhelm et 4 509 mètres.

Départ de bonne heure, encore, à 2h00 du matin, afin d’arriver avant que les nuages n’envahissent le ciel. Équipés de lampes torches, nous marchons dans la nuit noire, sans lune pour nous éclairer. Je suis les pas du leader, je devine de grands précipices sur les côtés, ma faible lumière ne pouvant éclairer le lit noir de pénombre gisant dessous. En raison des dernières pluies, de léger filets d’eau s’écoulent le long de rochers parallèles à la montagne servant ainsi, de planche de surf pour une glisse mémorable avant de prendre son envol pour un des lacs, avec un peu de chance.

Nous allons vite, trop vite. Moi qui suis friand des marches rapides, j’aime ça ! Cependant, cette fois-ci un des challenges, outre d’atteindre le sommet, est de gérer son souffle afin de s’adapter à l’altitude et au manque d’oxygène. Je sens que je m’essouffle beaucoup plus rapidement, je fais donc un gros effort de concentration pour inspirer et expirer proprement, comme lors d’une course à pieds. Les moments difficiles sont les grosses, longues et raides ascensions sous une timide voie lactée qui brille dans le ciel noir. La température fléchit lentement au fur et à mesure, et nous parvenons enfin au sommet. Il est 5h30, les lueurs de l’aube on commencé à nous éclairer timidement alors qu’une armée de nuages se tient entre nous.
Nous nous reposons sur les rochers, tentant de s’abriter du vent, grelotant de froid. Venant d’Australie, forcément, je ne suis pas vraiment équipé en vêtements chauds. Mon guide me dit que l’on restera une demi heure, je ne bronche pas et j’attends. Le soleil se lève finalement, enfin ce que l’on devine. Nous ne pouvons admirer qu’un doux et soyeux matelas de nuages, comme un air de paradis. Gorja et John me font signe qu’il est finalement temps d’y aller, il est un peu plus de 6h00. Frustré, je leur demande leur avis concernant la météo, si le ciel va se dégager ou non. Réponse négative et catégorique, c’est un temps de merde pour la journée. Très bien. Après les plus hauts sommets de Tasmanie, Mont Ossa puis le plus haut sommet d’Australie, Mont Kosciuszko dont je n’ai pu admirer les vues, je n’ai vraiment pas de bol !

Pendant notre descente, puis rencontrons les étudiants, que nous avions dépassé plus tôt, à 30-45 minutes du sommet. Nous nous arrêtons, les laissons passer pendant que je cause avec leurs guides. Le ciel se dégage rapidement et je peux déjà admirer tout ce que j’ai manqué. Ma frustration toujours à son comble, je dis en rigolant, mais sérieusement, que je vais les joindre et y retourner. Réponses positives, tout le monde m’invite à les suivre. Avant, querelle avec mon guide qui souhaite me charger un extra 50 Kinas pour cela. Je lui réponds gentiment qu’il peut rester là à attendre ou bien redescendre sans moi, je m’en cogne royalement. Lent d’esprit, il tergiverse, se decide à ne pas remonter mais veux toujours 50 Kinas de plus. Ne trovuant pase pas jusqu’à ce que je le brusque et que je lui dise, « J’y vais, et je ne paierai pas de supplément. ».

Ok, ce n’était que 16 Euros environ, pas la montagne à boire. Cependant, questions de principes, je n’ai pas trouvé cela correct de demander un supplément alors qu’il nous a fait cavaler rapidement au sommet pour le quitter précipitamment au final. Si j’ai un guide, c’est parce que je n’ai pas le choix d’abord, mais aussi parce qu’il connaît le coin ; moi non.

Quoiqu’il en soit, j’ai mis les voiles et suis retourné au sommet avec le groupe d’étudiants qui s’était bien amoindri. Et quelle vue … C’était sans aucun doute, une excellente décision ! J’ai passé près d’une heure à contempler le paysage ! Il est dit que par temps clair, on peut apercevoir la côte Nord et Sud de la Papouasie Nouvelle Guinée ! Ensuite, découvrir le trajet effectué dans la nuit est une véritable récompense ! Les paysages sont sublimes et le chemin méconnaissable, me demandant si nous sommes réellement passés par ici.

Puis pas vraiment tranquillement, j’ai entamé ma descente, pas très sereinement car je me suis rappelé que mes deux lascars allaient récupérer les machettes qu’ils avaient laissé au camp … Et puis, il m’a adressé la parole, et on était cool. Ouf !

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